Le consentement - Vanessa Springora

Le consentement (Littérature Française) par [Springora, Vanessa]

 

Résumé :

Dans les années 80, V. adolescente vivant dans une situation familiale défaillante, se réfugie dans les livres. Elle a 13 ans quand, au cours d’un dîner, elle rencontre G. écrivain sulfureux qui va la fasciner.

Il va entamer avec elle une relation qu’elle qualifiera d’histoire d’amour passionnel, jusqu’à découvrir ses mensonges.

30 ans plus tard, elle écrira ce témoignage d’une innocence bafouée.

L’avis de Danilomzb :

Merci aux éditions Grasset et à Netgalley pour ce service presse.

Cette histoire est celle de l’auteure, enfant souffrant d’un manque de père déserteur de son rôle, avec une mère qui travaille beaucoup, héritière des idées de 68 avec comme mantra : il est interdit d’interdire.

Sa rencontre avec G. illustre sa fascination pour les livres et leurs auteurs, lui l’écrivain de 50 ans, célèbre et doté d’une aura de prestige séduisante, va la charmer. Elle deviendra son amante à 14 ans, persuadée de la profondeur de leur histoire.

Là s’arrête le conte de fées parce que si les sentiments sont réels et profonds pour elle, G. ne va pas se conduire comme un homme amoureux mais comme un chasseur. Il va l’abreuver de lettres brûlantes, de discours enflammés, l’enfermant dans sa toile. Elle va vivre leur histoire pendant un an et découvrant l’étendue de ses vices le quitter.

Quelle est la valeur du consentement quand il est donné à un homme qui est un habitué d’un jeu qu’il pratique pour une vie consacrée  à « jouir et écrire » ?

Longtemps V. va traîner son mal être jusqu’à rencontrer la bonne personne capable de la rendre heureuse, mais G. continuera à la harceler, à parler d’elle dans ses romans, son journal.

Vanessa Springora nous livre un témoignage honnête, sur un ton détaché, sur sa rencontre avec un prédateur sexuel que le monde littéraire a adulé alors même qu’il écrivait sans complexe son attirance pour les adolescents et adolescentes.

Elle s’exprime presque sans rancœur, nous raconte qui elle était, ce qu’elle ressentait, sa culpabilité alors même que G. n’en ressent aucune. Dans ce livre comme une psychanalyse solitaire elle se réapproprie son identité, celle qu’il lui a volée. Elle va le battre sur son terrain, avec ses mots et son regard d’adulte, le faire chuter de son piédestal d’écrivain.

A l’heure des procès retentissants, des Me Too et autres scandales, un personnage célèbre est toujours indemne de toute culpabilité, pourtant ses confessions sont publiques et reconnues ! Je vous recommande ce récit qui je l’espère a été libérateur pour Vanessa Springora.

Ma note : 8,5/10

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