Le voyageur en noir - John Brunner

L'avis de Danilomzb :

Un grand merci aux éditions Mnemos pour ce service presse.

Ce livre est un recueil de 5 nouvelles, écrites par John Brunner, publiées séparément sur une durée de 19 ans, indépendamment de ses romans de science-fiction. Le voyageur en noir est un être décrit comme un homme de petite taille, habillé en noir et tenant un bâton à la main. Il apparaît, au détour d’un chemin un beau jour, pour disparaître de la même manière, son étrange mission accomplie.

Détenteur du pouvoir de limiter le chaos, il se déplace de ville en ville, intervenant en douceur en réalisant les vœux des personnages qui croisent son chemin. Ce n’est pas exactement un guerrier du bien, d’ailleurs on pourrait croire au premier abord qu’il est plus enclin à favoriser le désordre, pourtant il se bat contre ce qui s’oppose à l’ordre. Il n’a pas de nom et répond quand on le lui demande : « je porte quantité de noms, mais ma nature est unique », cela ressemble étrangement à une énigme du Père Fouras…

Son pouvoir : exaucer les désirs exprimés par les gens rencontrés, à première vue : bien loin des capacités des super héros ! Pourtant, ce don permet de renverser des gouvernements, de punir des criminels et même d’abattre des êtres surnaturels. Seulement, il est en proie à ses propres doutes.

John Brunner nous décrit sa façon de voir le monde autour de lui, les désordres causés par le chaos, et si parfois tout s’apaise grâce à son voyageur, on comprend qu’il n’y croit qu’à moitié. Son récit est à la fois violent et mélancolique, ses personnages sont méchants, intéressés, avides de pouvoir, criminels et leurs vœux en sont le reflet. Le voyageur est à la fois juge et bourreau, les dommages collatéraux sont nombreux, comme si l’auteur voulait nous dire qu’éradiquer le chaos ne sera pas sans conséquence. 

En bref, je découvre une autre facette de John Brunner assez inattendue avec cette critique de notre société, avec son héros génie sombre, mélancolique, et parfois drôle. Il semble nous prévenir de nous méfier de nos vœux, qui, en faisant disparaître le désordre, entraineraient la fin d’une certaine fantaisie… C’est à la fois rassurant et flippant, j’adore.

PS : la couverture est, comme toujours chez Mnemos, magnifique et superbement réalisée par Christopher Balaskas. 

 

Résumé :

Le monde est en proie au chaos : la magie règne, l’humanité ploie sous le joug des tyrans et des dieux, et même les lois de la causalité semblent incertaines.

Mais un mystérieux individu vêtu de noir, appuyé sur son bâton de lumière, parcourt les terres et remplace petit à petit le chaos par l’ordre, amenant l’humanité vers un nouvel âge de rationalité. Est-il homme ou dieu ? De qui tient-il son autorité et ses pouvoirs extraordinaires lui permettant d’exaucer les vœux les plus fous ? Et si son rôle est de mettre fin à l’âge de la magie, n’est-il pas voué à se détruire lui-même ?

Le Voyageur en noir, unique œuvre de fantasy du maître de la science-fiction John Brunner, offre une réflexion tantôt amusée, tantôt mélancolique sur la folie humaine et la fragilité de nos sociétés.

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