Aaron Evans - Ena L

Aaron Evans par [Ena L]

L’avis de Danilomzb :

 

Encore une fois je dois remercier Ena L, pour ce service presse et pour sa confiance.

 

Dans la lignée des Kirishima & co, nous découvrons l’histoire de Aaron, le fils de Jared et Hugo. Pour rappel, Jared est le demi-frère de Aly et le meilleur ami de son mari Také Kirishima. Aaron c’est ce gamin timide et renfermé, découvert dans les livres précédents. Portrait craché d’un de ses deux pères Hugo, il partage avec lui sa carrure héritée de la pratique de la boxe. Il est le meilleur ami de Hiro (un des 3 fils Kirishima) et Mya (fille de Seven et Milan).

 

Études brillamment terminées, il quitte Paris pour un poste à Bordeaux. Son logement va lui être enlevé de façon très cavalière par la collègue dont il se croyait amoureux. Mya va penser l’aider en demandant à son amie Blue de l’intégrer à la colocation qu’elle occupe, mais tout est un problème pour lui : le travail, les copines, les amis…

 

Aaron c’est le mec froussard par définition, il a peur de tout. Depuis petit, il doit sa survie à la protection des autres, de sa sœur June, de ses pères, de Hiro et Kei Kirishima, de Mya etc. Être différent est difficile à vivre pour un enfant, en l’occurrence pour lui avoir deux pères n'avait jamais été un problème jusqu'à l'école. Il dit lui-même "je n'ai aucun problème avec l'homosexualité, c'est avec moi, en tant que fils d'homosexuels, que j'ai du mal".

Seulement le harcèlement subit à l’élémentaire a été repéré trop tard, cela lui a laissé des séquelles, il n’a pas appris à résister, à faire entendre sa voix. Cela s’est arrangé grâce à l'intervention de son entourage mais on ne peut pas toujours être sauvé par les autres, enfin il y a eu le collège et là tout a pris une tournure dramatique.

 

Blue c'est une pure et dure, en même temps c'est la fille de Hunter le type le plus effrayant de la saga. Je l'avais presque oublié celui-là, l'anti bad boy de référence, non en fait c'est la moitié du terme, lui il a juste le bad. Sa mère c'est Swan, la fille qui vit la rue comme un conte de fée à trois balles. Comment voulez-vous qu'avec des parents pareils Blue puisse être une gentille fille normale… Non elle est cash, violente, avec un tout petit riquiqui niveau d'empathie. Tout ce qui compte pour elle, c'est de provoquer une réaction chez son père s'apparentant de près ou de loin à une reconnaissance et de conserver l'amitié de Mya.

 

Mya a quand même demandé à Blue de prendre soin de Aaron, c'est en soit une hypothèse tellement invraisemblable qu'elle ne peut venir que de Mya, et pourtant…

 

Passons maintenant à l'auteure : elle commence très fort, à peine passé les habituelles termes concernant les droits, la couverture et vous avez déjà une note de bas de page vous expliquant que vous pouvez encore faire marche arrière et fuir. Elle est donc la seule auteure, à ma connaissance, à conseiller à ses lecteurs, avant même la première page, de refermer le livre.

Ensuite il faut absolument parler de cette épicerie de malades, où se fournissent les héros, ayant pour enseigne "Géo-trouve-tout" et proposant un concept de "produits génériques". Vous allez y trouver des Paris-Vrest, des Chupa-Croups, des confitures frambaise ou poiricot etc. Un dernier truc en passant et on redevient sérieux : on avait dit quoi au sujet de Denver le dernier dinosaure ?? On arrête avec Denver parce que la chanson elle tourne toujours dans ma tête…

 

Ce que je préfère avec Ena L c'est sa capacité à raconter tout et n'importe quoi, tout en glissant des vérités poignantes dans son discours. Par exemple, elle nous fait réaliser cette évidence absolue : ce n'est pas une erreur de jeunesse anecdotique le harcèlement. On a tendance à oublier vite les conséquences, une fois le problème passé on pense que tout est résolu. Non pour le harcelé c'est une blessure permanente, rien de s'efface aussi facilement et cela peut même influencer tout votre comportement d'adulte, comme pour Aaron. Elle nous parle aussi du témoignage des sentiments et du besoin de reconnaissance, de la solitude et de la souffrance de ces enfants, qui, à tort pour Blue, ne se sentent pas aimés parce que les gestes et les preuves ne sont pas évidents.

 

Alors on rigole bien en la lisant mais entre les lignes cela devient plus sérieux, Aaron est émouvant et Blue à sa façon également, il n'arrive pas à exprimer sa colère et elle ses sentiments.

 

Ena L a encore frappé, avec sa manie des notes de bas de page dont je raffole, son sens de l'humour de l'espace, ses personnages habités : non sérieusement Mya est un exemple mais Swan et Rose c'est du haut de gamme, son écriture vive qui vous entraine dans son monde de bisounours violents, oui ça existe autant que les chocolatans (cela ne résout pas le conflit pain au chocolat/chocolatine pour autant madame !). En bref, rire en ayant envie de pleurer ça fait du bien et cela justifie bien ce nouveau coup de cœur <3.

 

 

Résumé :

 

Pour Aaron, c’est l’année de tous les changements : nouvelle ville, premier emploi, colocation composée de belles jeunes femmes…

Les joies de l’indépendance ? Le frisson de l’entrée dans le monde des adultes ? La perspective de fêtes endiablées ? Eh bien… pas tout à fait.

Son patron est un tyran, ses collègues féminines agissent étrangement à son contact, ses colocataires sont cinglés, et comme si cela n’était pas suffisant, son seul soutien le déteste et n’a que des intentions douteuses à son égard.

Hanté et fragilisé par son passé d’adolescent harcelé, Aaron a la sensation de se noyer peu à peu… Mais et si la seule personne capable de lui donner un second souffle était celle-là même qui lui maintient la tête sous l’eau ?

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